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Réalité virtuelle préanesthésique : pour quels patients ?

Fréquence cardiaque à 110 bpm, pression artérielle qui monte, patient en sueur agrippé au brancard: l’anxiété préopératoire n’est jamais un simple détail de confort.

Mis à jour24 août 2026
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Réalité virtuelle préanesthésique : pour quels patients ?

Réalité virtuelle préanesthésique: pour quels patients?

Elle peut compliquer l’accueil au bloc, rendre plus difficile la pose d’une rachianesthésie, perturber l’acceptation du masque facial chez l’enfant ou augmenter la demande de sédation chez un patient qui doit rester éveillé.

La réalité virtuelle immersive trouve sa place dans cet intervalle délicat, avant l’induction ou pendant un geste réalisé sous anesthésie locorégionale. Elle détourne l’attention, familiarise certains patients avec un environnement inconnu et peut contribuer à réduire la tension émotionnelle. Mais elle n’est ni un sédatif universel ni une solution automatique à l’anxiété sévère. La question utile n’est donc pas de savoir si un casque VR fonctionne en général. Il faut déterminer pour quel patient, à quel moment et avec quel niveau de surveillance il peut réellement améliorer le parcours.

L’immersion comme levier thérapeutique: au-delà de la simple distraction

Vous ne posez pas un simple écran vidéo sur le visage du patient. Le casque VR modifie son environnement sensoriel. Le champ visuel et l’attention auditive sont occupés par un univers tridimensionnel: paysage sous-marin, forêt, voyage contemplatif ou scénario de préparation aux soins. Pendant la séance, le patient entend moins les bruits du bloc, voit moins les équipements et dispose d’un point de focalisation différent de la porte de la salle d’opération, du chariot d’anesthésie ou du masque qui approche.

Cette rupture sensorielle n’a pas le même effet chez tout le monde. Certains patients se détendent rapidement dès que le scénario commence. D’autres restent préoccupés par l’intervention, demandent à retirer le casque ou préfèrent conserver un contact visuel avec l’équipe. La technologie ne supprime pas l’anxiété: elle offre un autre canal pour la prendre en charge.

Les scénarios disponibles durent généralement entre 20 et 40 minutes. Cette durée correspond à un temps d’immersion suffisamment long pour installer une expérience progressive, sans transformer la séance en étape lourde du parcours. Elle ne constitue pas, à elle seule, une garantie d’efficacité. Le bénéfice dépend de l’état émotionnel du patient, de sa capacité à accepter le dispositif, de la qualité de l’accompagnement et du moment choisi dans l’organisation du bloc.

La réalité virtuelle est ainsi souvent présentée comme une intervention non médicamenteuse. Dans le champ de l’anesthésie, elle peut compléter une stratégie de prémédication, de même qu’elle peut être proposée seule chez un patient suffisamment coopérant et dont l’anxiété reste compatible avec cette approche. La décision relève du médecin et ne se résume pas au résultat d’un questionnaire.

La réalité virtuelle ne remplace pas le raisonnement anesthésique: elle ajoute une possibilité de modulation, entre l’information, l’accompagnement et la prémédication.

Trois mécanismes sont généralement recherchés:

  • La captation attentionnelle: l’environnement immersif limite la place occupée par les stimuli anxiogènes. Il ne s’agit pas d’effacer la procédure, mais de réduire la focalisation permanente sur ce qui va arriver.
  • La relaxation guidée: la voix, le rythme du scénario et les suggestions peuvent favoriser une respiration plus régulière et une baisse de la tension subjective.
  • La familiarisation: dans certains programmes pédiatriques, le patient découvre à l’avance les étapes du parcours, le personnel et le matériel. La salle d’opération n’est plus entièrement inconnue lorsqu’il y arrive.

Ces mécanismes ne doivent pas être confondus avec une action pharmacologique. Un casque VR ne provoque pas une sédation contrôlable au même titre qu’un médicament. Il ne permet pas de garantir un niveau de coopération, de diminuer systématiquement la fréquence cardiaque ou de supprimer le besoin d’analgésie complémentaire. Son intérêt est plus pragmatique: donner à l’équipe un outil supplémentaire, facilement interrompu et ajustable à la situation.

L’évaluation commence avant l’immersion. Le patient doit comprendre ce qu’on lui propose, savoir qu’il peut retirer le casque et identifier la présence d’un soignant à proximité. Cette préparation est particulièrement importante chez l’enfant, chez les patients très anxieux et chez ceux qui n’ont jamais utilisé de casque de réalité virtuelle. Une immersion imposée ou mal expliquée peut devenir une source de stress supplémentaire.

Pédiatrie et parcours de soins: l’expérience du CHU de Montpellier

La pédiatrie est un terrain naturel pour la réalité virtuelle préanesthésique, parce que l’anxiété de l’enfant se mêle à celle des parents et à la difficulté de verbaliser ce qui fait peur. Le dispositif peut servir à détourner l’attention, mais aussi à rendre le parcours plus lisible: la chambre, le transfert, la salle d’opération, la présence de l’équipe et le masque facial peuvent être intégrés à une séquence de préparation.

Au CHU de Montpellier, une solution de visite immersive préopératoire a été présentée pour accompagner les enfants avant une intervention. Le scénario montre les différentes étapes du parcours et peut inclure des éléments liés à l’induction. Le casque devient alors un média de familiarisation, pas seulement un outil de distraction.

La population concernée, les modalités d’inclusion et la place exacte du casque dans le protocole doivent rester clairement définies par l’équipe. Un programme conçu pour des enfants capables de suivre les consignes ne se transpose pas automatiquement à un enfant plus jeune, à un patient présentant un trouble du neurodéveloppement ou à une situation chirurgicale urgente. L’âge, le niveau de compréhension, l’expérience antérieure du dispositif et la capacité à signaler un inconfort sont aussi importants que le contenu du scénario.

L’objectif n’est pas de promettre une diminution systématique de la prémédication. Il est plutôt de disposer d’une option supplémentaire avant de décider si un midazolam est nécessaire, s’il doit être différé ou si une autre stratégie est préférable. La coopération au masque facial ne peut pas être garantie par la seule séance immersive: elle dépend de l’anxiété de l’enfant, de la relation avec l’équipe, du comportement des parents et du déroulement concret de l’induction.

ParamètreParcours classiqueParcours intégrant un casque VR
Préparation de l’enfantInformation orale, supports habituels et présence parentale selon l’organisation du serviceInformation complétée par une expérience immersive adaptée au scénario proposé
Place du midazolamDécision selon le contexte clinique et les habitudes du protocoleRéévaluation de la nécessité après préparation et observation de l’enfant
Acceptation du masqueVariable selon l’âge, l’anxiété et la relation avec l’équipePeut être soutenue par la familiarisation, sans garantie de coopération
SurveillanceSurveillance clinique habituelleSurveillance clinique identique, avec possibilité d’interrompre rapidement l’immersion
Évaluation du parcoursAnxiété et coopération appréciées par l’équipeMême évaluation, afin de distinguer un effet perçu d’un résultat réellement documenté

Cette distinction est essentielle. Une expérience positive pour l’enfant ne suffit pas à conclure que le protocole réduit la consommation de benzodiazépines ou améliore la récupération. La satisfaction des parents ne se déduit pas non plus du seul fait que l’enfant accepte le casque. Elle doit être recueillie, au même titre que l’anxiété, la coopération, les éventuels effets indésirables et le recours effectif à une prémédication.

Dans la pratique, le parent reste un acteur du dispositif. Il peut rassurer l’enfant, mais aussi transmettre sa propre inquiétude. La réalité virtuelle ne remplace donc ni l’explication donnée à la famille ni la cohérence du discours de l’équipe. Si le scénario montre une salle d’opération calme et prévisible alors que le parcours réel est précipité ou mal expliqué, l’écart peut décevoir. L’outil doit être intégré à une organisation, pas posé par-dessus elle.

Chirurgie in utero et anesthésie locorégionale: ce que les études permettent d’étudier

La réalité virtuelle est particulièrement intéressante lorsque le patient reste éveillé pendant un geste. Sous anesthésie locorégionale, l’absence de douleur ne signifie pas l’absence d’anxiété. Le patient entend les conversations, perçoit les mouvements autour de lui et peut anticiper chaque étape sans voir précisément ce qui se passe. Une immersion audiovisuelle peut alors offrir un environnement mental concurrent, à condition de préserver la communication avec l’équipe et la sécurité du geste.

Chirurgie in utero: l’étude VIRTUALFETO à l’AP-HP

La chirurgie fœtale in utero illustre cette situation. La patiente enceinte est éveillée pendant un geste qui concerne directement le fœtus. Même lorsque l’analgésie est adaptée, la charge émotionnelle reste élevée: environnement technique, durée de la procédure, inquiétude pour l’enfant à naître et nécessité de rester suffisamment coopérante.

L’étude VIRTUALFETO évalue l’utilisation d’un masque de réalité virtuelle dans ce contexte. Le protocole prévoit une immersion de 20 à 40 minutes et s’intéresse à plusieurs dimensions du vécu périopératoire, notamment l’anxiété et la douleur mesurées par des échelles validées. La demande éventuelle d’analgésie complémentaire et le vécu maternel font également partie des critères étudiés.

Le point méthodologique est important: le fait qu’une étude évalue ces critères ne permet pas d’annoncer leurs résultats. Il faut attendre les données publiées pour savoir si la réalité virtuelle modifie effectivement le score d’anxiété, la demande d’analgésie ou l’expérience rapportée par les patientes. À ce stade, le casque peut être présenté comme une piste de complément à l’analgésie et à l’accompagnement, non comme un traitement ayant déjà démontré tous ces effets dans cette indication.

Dans ce type de procédure, l’adhésion de la patiente est centrale. Une femme qui souhaite voir l’équipe, poser des questions ou garder les yeux ouverts ne doit pas être poussée vers l’immersion. À l’inverse, une patiente qui demande un environnement plus calme peut y trouver un moyen de reprendre une partie du contrôle de son expérience. Le choix du scénario, la possibilité d’arrêter et la qualité du contact verbal doivent être prévus avant le début du geste.

Rachianesthésie chez l’adulte

La rachianesthésie pose une question différente mais proche. Le patient est anesthésié sur le plan sensitif, tout en restant conscient de son environnement. Selon l’intervention et les habitudes du service, une sédation peut être proposée, mais elle n’est pas toujours souhaitable au même degré: comorbidités, nécessité de maintenir un contact, risque de somnolence postopératoire ou préférence du patient entrent dans la décision.

Un essai prospectif randomisé portant sur des patients adultes opérés sous rachianesthésie a comparé une distraction audiovisuelle par casque VR à une prise en charge standard. L’anxiété périopératoire et la consommation de midazolam faisaient partie des critères mesurés. Les résultats rapportés dans le bras VR vont dans le sens d’une diminution de l’anxiété et d’un recours moindre au midazolam.

Cette donnée ne signifie pas que la VR doit remplacer la sédation chez tous les patients sous rachianesthésie. Elle montre plutôt l’intérêt d’un protocole gradué, dans lequel l’équipe commence par une intervention non médicamenteuse lorsque le patient peut y adhérer, puis réévalue la situation. Le casque peut être retiré à tout moment; la stratégie anesthésique, elle, reste réversible et individualisée.

Une étude de cas a par ailleurs rapporté une baisse importante du score d’anxiété préopératoire, de l’ordre de 67 %, dans le contexte d’une chirurgie de la vésicule biliaire. Cette observation est intéressante pour formuler une hypothèse, mais elle ne peut pas être présentée comme le résultat de séries cliniques ni comme un effet attendu chez tous les patients. Une étude de cas décrit une situation particulière; elle ne mesure pas à elle seule la reproductibilité du résultat.

En chirurgie éveillée, l’enjeu n’est pas de couper le patient du bloc à tout prix, mais de lui donner un point d’appui supplémentaire sans perdre la communication clinique.

Optimisation du protocole: vers une réduction raisonnée du midazolam

L’objectif n’est pas de remplacer une prescription par une technologie. Il est de mieux ajuster l’intervention au niveau d’anxiété réellement observé. Une organisation raisonnable peut suivre plusieurs étapes:

1. Évaluer l’anxiété et la capacité d’adhésion. L’équipe recherche ce que le patient redoute, ce qu’il attend de la séance et s’il peut suivre les consignes. Une personne très anxieuse mais curieuse du dispositif n’est pas dans la même situation qu’une personne qui refuse tout contact avec un casque.

2. Expliquer l’expérience avant de la commencer. Le patient doit connaître la durée approximative du scénario, la sensation d’immersion et la possibilité de demander l’arrêt. Chez l’enfant, cette explication doit être adaptée à son âge et complétée par celle donnée aux parents.

3. Choisir un scénario cohérent avec l’objectif. Une visite virtuelle sert à familiariser; une séquence de relaxation vise plutôt l’apaisement et la respiration. Mélanger les objectifs sans l’expliquer peut rendre l’expérience moins lisible.

4. Observer la réponse pendant la séance. L’équipe ne se contente pas de lancer le programme. Elle surveille l’expression du patient, sa respiration, ses mouvements, ses nausées éventuelles et sa capacité à communiquer.

5. Réévaluer avant le transfert ou l’induction. La décision de maintenir, de différer ou de compléter la stratégie par une prémédication appartient à l’équipe anesthésique. Le casque ne produit pas un score de confiance automatique.

Dans ce cadre, la réalité virtuelle peut contribuer à éviter une prémédication systématique chez certains patients. Elle peut aussi permettre de différer une décision pharmacologique et de vérifier si l’anxiété diminue avec une intervention simple. Mais une réduction de la consommation de midazolam ne doit être affirmée que si elle a été mesurée dans le protocole concerné. Une impression de calme en chambre ne suffit pas à conclure à un bénéfice sur la dose administrée, la récupération ou la durée de surveillance.

Le moment de la séance doit être défini par le fonctionnement du service. Les scénarios documentés durent généralement entre 20 et 40 minutes, mais cela ne permet pas d’établir une fenêtre universelle d’efficacité. On ne peut pas affirmer que le bénéfice disparaît au-delà d’un seuil précis, ni qu’une durée plus courte serait nécessairement insuffisante. Le service doit donc tenir compte du programme opératoire, du temps disponible avant le transfert, de la tolérance du patient et de l’organisation de la surveillance.

La séance peut avoir lieu en chambre ou dans un espace préopératoire approprié. Le casque ne doit pas devenir une contrainte logistique: batterie chargée, dispositif nettoyé, scénario accessible et personnel capable de lancer ou d’interrompre le programme sont des conditions concrètes de réussite. Dans un parcours tendu, une technologie qui nécessite plusieurs manipulations non anticipées risque de ralentir l’équipe au lieu de l’aider.

Le retrait du casque doit également être anticipé. Certains patients souhaitent reprendre immédiatement le contact visuel avec les soignants; d’autres ont besoin de quelques instants pour décrire leur ressenti. Il n’existe pas de garantie générale d’un retour instantané à l’état antérieur. La reprise du parcours se fait selon l’examen clinique, la tolérance de la séance et la situation anesthésique.

Limites cliniques et contre-indications: évaluer le patient avant l’immersion

Le casque VR ne convient pas à tout le monde. Les contre-indications et précautions doivent être recherchées avant la séance, sans transformer la réalité virtuelle en examen supplémentaire déconnecté de l’évaluation préanesthésique.

Les situations qui appellent une prudence particulière

  • Troubles cognitifs ou difficultés de compréhension: si le patient ne comprend pas le principe de l’immersion, ne peut pas signaler un malaise ou risque de réagir de manière imprévisible, le dispositif peut augmenter l’agitation au lieu de la réduire.
  • Antécédents de mal des transports, nausées ou vertiges: la réalité virtuelle peut provoquer ou majorer une gêne vestibulaire. Le risque dépend du contenu, du matériel et de la sensibilité individuelle.
  • Épilepsie photosensible ou antécédents neurologiques particuliers: les scénarios présentant des contrastes lumineux marqués ou des effets visuels rapides doivent être évités lorsque le contexte clinique le justifie.
  • Refus ou inconfort au port du casque: l’adhésion n’est pas un détail. Un patient qui ne souhaite pas s’isoler visuellement doit pouvoir bénéficier d’une autre modalité d’accompagnement.
  • Nécessité de maintenir une communication constante: dans certaines procédures ou chez certains patients, la présence d’un casque peut gêner les échanges. Le choix doit alors être discuté avec l’équipe qui réalise le geste.

Un vertige, une expérience désagréable antérieure ou un antécédent de crise ne conduit pas automatiquement à l’abstention. Ces éléments imposent une évaluation préalable, une sélection prudente du scénario et, si nécessaire, le choix d’une autre stratégie. Il n’y a pas lieu de basculer immédiatement et systématiquement vers un protocole médicamenteux: la réponse dépend de la cause du symptôme, de sa gravité, du type d’intervention et des options disponibles.

La question peut être formulée simplement, sans faire du casque un objet intimidant: le patient a-t-il déjà ressenti des vertiges, des nausées ou une gêne importante avec un casque VR, un jeu vidéo ou un environnement visuel immersif? A-t-il déjà présenté une crise déclenchée par des stimulations lumineuses? Peut-il retirer seul le casque ou prévenir l’équipe s’il se sent mal? Les réponses orientent la décision, mais ne remplacent pas le jugement clinique.

La surveillance ne disparaît pas avec l’immersion

Le patient reste sous surveillance pendant toute la séance. Le casque peut masquer une partie du visage et limiter l’observation des yeux, de la mimique ou de certains signes d’inconfort. Le soignant doit donc vérifier régulièrement que la communication reste possible et que le patient tolère le dispositif. Une commande simple ou un signal convenu avant l’immersion permet de demander l’arrêt sans avoir à chercher le bouton.

Il faut aussi tenir compte de l’environnement immédiat. Un patient équipé d’un casque ne doit pas être déplacé sans préparation. Les câbles, le fauteuil, le lit et les équipements associés doivent rester compatibles avec la sécurité du parcours. La réalité virtuelle est une intervention non médicamenteuse, mais elle n’est pas une intervention sans contraintes.

Trois erreurs sont particulièrement faciles à commettre:

1. Lancer le scénario sans préparation. Si le patient ne sait pas ce qu’il va voir ou entendre, la sensation de perte de repères peut renforcer l’anxiété. L’explication préalable doit rester courte, concrète et adaptée.

2. Confondre silence et apaisement. Un patient qui ne parle plus n’est pas nécessairement détendu. Il peut être désorienté, nauséeux ou incapable d’exprimer ce qu’il ressent. La surveillance et les questions régulières restent indispensables.

3. Prolonger la séance sans réévaluation. Il n’existe pas de seuil universel permettant d’affirmer qu’une séance devient dangereuse ou inefficace à partir d’une durée précise. Si le patient signale une fatigue visuelle, un vertige, une désorientation ou un inconfort, l’immersion doit être interrompue et la situation réévaluée.

La sécurité repose enfin sur la traçabilité. Le dossier peut mentionner l’information donnée, l’accord du patient, le scénario utilisé, la durée approximative, la tolérance et l’éventuelle décision de compléter par une prémédication. Cette documentation ne sert pas à donner une apparence scientifique à chaque séance. Elle permet de comparer les pratiques, d’identifier les patients qui en tirent réellement un bénéfice et de repérer les situations où l’outil n’a pas sa place.

La réalité virtuelle préanesthésique est donc moins une promesse technologique qu’un outil de modulation. Elle peut aider un enfant à comprendre son parcours, soutenir un adulte sous rachianesthésie ou offrir à une patiente éveillée un espace attentionnel différent pendant un geste lourd. Les données restent à interpréter selon les indications: un essai randomisé, une étude de cas et une étude en cours ne répondent pas à la même question et ne permettent pas les mêmes conclusions.

Le casque VR anesthésie n’a d’intérêt que s’il s’intègre à une décision clinique réelle: évaluer, expliquer, proposer, observer, puis adapter. Il ne garantit ni la coopération, ni l’absence de prémédication, ni une récupération plus rapide. En revanche, lorsqu’il est accepté par le patient et correctement encadré, il peut trouver une place pertinente dans une stratégie de réduction de l’anxiété, sans faire disparaître le rôle central de l’équipe d’anesthésie.

Questions fréquentes

La réalité virtuelle peut-elle remplacer le midazolam avant une anesthésie ?
Pas systématiquement. Elle peut permettre d’éviter ou de différer une prémédication chez certains patients, mais la décision dépend de l’anxiété observée, de l’adhésion du patient et de l’évaluation de l’équipe anesthésique.
Quels enfants peuvent utiliser la réalité virtuelle avant une opération ?
Le dispositif peut convenir à des enfants capables de comprendre les consignes, d’accepter le casque et de signaler un inconfort. L’âge, le niveau de compréhension, l’expérience du dispositif et la capacité à communiquer doivent être évalués par l’équipe.
La réalité virtuelle aide-t-elle à accepter le masque facial chez l’enfant ?
Elle peut soutenir la familiarisation avec le parcours et le masque facial, mais elle ne garantit pas la coopération. Celle-ci dépend aussi de l’anxiété de l’enfant, de la relation avec l’équipe, du comportement des parents et du déroulement de l’induction.
Combien de temps dure une séance de réalité virtuelle préanesthésique ?
Les scénarios disponibles durent généralement entre 20 et 40 minutes. Cette durée ne constitue pas une garantie d’efficacité et doit être adaptée à la tolérance du patient et à l’organisation du service.
Quelles précautions prendre avant d’utiliser un casque VR au bloc opératoire ?
L’équipe doit rechercher notamment les troubles de compréhension, les antécédents de vertiges ou de nausées, l’épilepsie photosensible, l’inconfort au port du casque et la nécessité de maintenir une communication constante. Le patient doit être informé, pouvoir demander l’arrêt et rester surveillé pendant toute la séance.