Médecine périopératoire : les études clés du sommet SPAQI à retenir
Le Perioperative Medicine Summit organisé par la Society for Perioperative Assessment and Quality Improvement (SPAQI) a réuni récemment plusieurs experts internationaux autour des publications les…

Le Perioperative Medicine Summit organisé par la Society for Perioperative Assessment and Quality Improvement (SPAQI) a réuni récemment plusieurs experts internationaux autour des publications les plus marquantes de l'année en médecine périopératoire, comme le rapporte Anesthesiology News. Pour nous, anesthésistes-réanimateurs francophones, deux études récemment publiées résonnent particulièrement avec notre pratique quotidienne et méritent qu'on prenne le temps de les lire avant la prochaine garde. Elles touchent à des situations que nous rencontrons régulièrement au bloc.
Récrudescence post-AVC: un signal à ne pas négliger
Une publication dans Cureus explore la réapparition de déficits neurologiques durant la période périopératoire chez des patients aux antécédents vasculaires cérébraux, parfois appelée recrudescence post-AVC. Les auteurs évoquent le rôle potentiel des agents anesthésiques et sédatifs dans ce phénomène. En pratique, le point clé pour nous est simple: chez un patient opéré dans les suites d'un AVC, le choix des agents et le niveau de sédation doivent intégrer ce risque, sans pour autant le surévaluer. Cela passe par un interrogatoire neurologique précis et la consignation systématique du délai écoulé depuis l'épisode vasculaire, même ancien.
Femme enceinte et chirurgie fracturaire: adapter le protocole
Selon 2 Minute Medicine, des régimes anesthésiques individualisés — adaptés au terme, au type de fracture et aux comorbidités — pourraient améliorer les devenirs après chirurgie de fracture chez la patiente enceinte. Le message à retenir: il n'existe pas de recette universelle. Chaque situation appelle une discussion pluridisciplinaire précoce entre anesthésistes, obstétriciens et chirurgiens orthopédistes, afin de concilier sécurité maternelle, bien-être fœtal et qualité de l'analgésie périopératoire.
Ce que nous pouvons changer dès lundi
Ces deux publications convergent vers une même idée directrice: la médecine périopératoire moderne se construit désormais au cas par cas, et non plus sur des protocoles rigides transposés sans nuance. Concrètement, nous pouvons dès la semaine prochaine:
- Systématiser le recueil des antécédents neurologiques, y compris anciens, avant toute chirurgie programmée.
- Anticiper la concertation pluridisciplinaire dès qu'une patiente enceinte se présente pour fracture.
- Tracer nos choix d'agents et nos niveaux de sédation pour pouvoir les réévaluer à la lumière des données à venir.
Nous restons attentifs aux communications complètes issues du sommet SPAQI et aux publications associées, qui préciseront niveaux de preuve et populations étudiées dans les mois qui viennent.